#25 Panama (06/02/2015 au 07/04/2015)

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Les San Blas

Je reprends un peu le blog que nous avons délaissé pendant plusieurs mois … Notre nouveau post concerne Panama qui se trouve sur notre chemin, à cheval entre l’Atlantique, ou plutôt la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique. Pour passer de l’un à l’autre, nous sommes passés par le canal de Panama.
A Panama, il y a une multitude de choses à explorer de chaque côté du canal. Heureusement, nous avons pu voir beaucoup de paysages variés, et avons vécu plein d’aventures palpitantes dans ce magnifique pays qui est pourtant surtout connu pour son canal …

Au départ de Colombie, nous devions passer 2 nuits en mer pour aterrir dans la région des San Blas bien connue des plaisanciers en route vers le Pacifique. La région des San Blas est un avant goût du Pacifique unique dans les Caraïbes. Dans cette région vivent les Kunas et ils sembleraient qu’ils soient les derniers natifs dans les Caraïbes qui aient su sauvegarder leur culture et leur mode de vie à travers le temps. Savez-vous que vous ne pouvez pas acheter un bout de terrain aux San Blas si tu n’es pas Kuna ? Aussi, si vous tombez amoureux d’une Kuna, si vous voulez vous marrier, il faudra devenir un Kuna (c’est à dire traverser à la nage de la Colombie jusqu’aux San Blas … Non, je déconne) ou la mariée devra abandonner sa nationalité de Kuna …

Enfin, bref, durant tout notre séjour en Colombie, on nous dit que les San Blas est la terre promise du plaisancier, c’est à dire, petites îles avec cocotiers, plages de sable blanc, des baies bien protégées du vent et des vagues, eau turquoise, coraux florissant …

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Durant notre passage entre la Colombie et les San Blas, nous nous sommes arrêtés dans des petites îles Colombiennes mal cartographiées. C’est lors e l’approche finale vers le mouillage pour passer la nuit, que je me rencontre que nous nous sommes engouffrés dans un cul de sac coralien. Et heureusement que nous nous en sommes rendus compte à temps, car nous aurions pu enquiller du corail à toute vitesse … Ça, c’était le jour de la reprise de la navigation au départ de la Colombie après plus de 2 mois à Cartagène … avec Palour, notre invité polonais. Un peu stressant pour un premier jour, mais plus de peur que de mal, on a rien cassé, ni même touché quoi que ce soit.

Ensuite, après une nuit un peu courte au mouillage, on décide de prendre la mer en direction des San Blas. Il y avait pas mal de vent sur ce passage, mais on ne peut pas se plaindre car on en a besoin pour avancer et dans le coin, nous aurions aussi pu avoir beaucoup plus de vent … En route, nous avons doubler un voilier, ce qui est rare …

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Une fois arrivés aux San Blas, nous n’avons pas été déçus du dépaysement. C’est vraiment beau. Nous avons retrouvé des amis rencontrés en Colombie avec qui nous avons passé de sacrées soirées.

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Nous avons visité le coin pendant une semaine seulement, tellement nous étions impatients de passer le canal et de nous retrouver dans le Pacifique. Il faut dire que toutes les îles se ressemblent. Même les Kuna se ressemblent … Donc, on a fait le tour des San Blas, on a vu quelques îles, un village de Kuna, plongé, pêché et …

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Un beau jour, on décide d’aller rendre visite au catamaran Miss Moly avec qui nous avions sympathisé en Colombie. Donc on part vers la petite île où ils sont ancrés. On a prévu de dîner ensemble car j’ai attraper un beau poulpe que Palour a décidé de cuisiner ce soir !

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Nous étions partis de notre mouillage sous voile, on a fait le trajet vers le mouillage de Miss Moly sous voile, vent arrière, et comme les conditions étaient plutôt clémente, je voulais aussi mouiller à côté de Miss Moly sous voile.

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Durant l’approche finale, on commence à voir le récif Est du petit îlot se prolonger vers l’Est. Cependant, ce récif se prolonge un peu plus que sur les cartes à bord …

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Aussi, le sondeur indique 7 m d’eau alors que nous devrions avoir 12 à 13m … et il semblerait que nous nous dirigeons vers un endroit où la couleur de l’eau trahit de faibles profondeurs. Donc, on décide d’affaler les voiles, d’utiliser le moteur et de nous écarter un peu de l’île car la situation n’est pas très clair. Sundy à la barre, je suis sur le pont à regarder les fonds et je vois Philippe, le capitaine de Miss Moly, venir à notre rencontre avec son annexe. Je sens qu’il vient par ici pour nous dire que nous ne sommes pas dans une bonne situation. Il n’est pas d’habitude de venir à la rencontre d’un voilier près à poser l’ancre … Lorsque Philippe nous salut, tout d’un coup je vois à l’avant, légèrement sur babord, une patate de corail à fleur d’eau. Il est hors de question de passer au dessus, et je cris à Sundy de virer à tribord. Cependant, à cause de l’inertie du voilier, le cul du voilier dérapant se retrouve au dessus de la patate de corail. C’est le safran (le gouvernail) qui tape la patate de corail et arrête net les 8 tonnes du voilier alors que nous étions à 3+ noeuds. Le bruit du choc est terrifiant. Je demande à Sundy de mettre le moteur au point mort illico et je me dirige à l’arrière voir le safran. Vu le choc, je m’imagine trouver un safran arraché ou tordu ou la mèche du safran cassée. Arrivé à l’arrière du bateau, le safran en aluminium est toujours à sa position, donc je le remonte grâce à son palan (nous avons un voilier avec une quille relevable et un safran relevable pour pouvoir échouer) et je demande à Sundy, d’enclencher doucement la marche avant et de continuer un peu plus vers l’Est afin de retrouver des profondeur décentes. La propulsion et la direction semble fonctionner comme avant. On arrondi convenablement le récif pour pouvoir ancrer dans 13m d’eau à côté de Miss Moly. Une fois mouillé, c’est clair que je suis aller directement à l’eau pour voir l’ampleur des dégats. L’hélice n’a pas été touchée, la coque n’a pas touché, le safran a un pet de peinture d’environ 1cm2 et la bague téflon permettant au safran de coulisser sur la mèche inox a été complètement écrasée ce qui a créé un jeu longitudinal dans le safran. Heureusement, que mon père avait usiné quelques bagues de rechange, car cela nous a permis de la changer un moins d’une heure. Au final, encore une fois, plus de peur que de mal. Mais cette fois beaucoup de peur.

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Après analyse de ce qui nous ait arrivé :
1) Lors de l’approche finale, nous aurions du suivre l’approche recommandée sur les cartes, c’est à dire de l’autre côté de l’île.
2) Nous aurions du prendre un peu plus au sérieux la couleur changeante de l’eau annonçant de faibles profondeurs et arrondir en conséquence
3) Petit point que nous aurions pu améliorer lors de l’évitement, c’était de déclencher la marche arrière en même temps que de tourner à droite pour éviter la patate de corail car la marche arrière aurait ralenti le voilier et surtout aurait pu compenser l’inertie du voilier à cause du pas de l’hélice qui translate l’arrière de notre voilier sur tribord (à droite). Dans cette situation, ce petit point aurait peut-être pu nous éviter de toucher … mais on n’ira pas vérifier.
C’était le moment chaud des San Blas, et maintenant que nous sommes en Nouvelle-Zélande, je peux aussi dire que jusqu’à présent, c’était le moment le plus chaud de notre voyage.

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Le canal de Panama

Après les San Blas, direction le mouillage de Portobelo pour commencer la procédure administrative du canal.

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A Portobello, c’était festif, C’était le jour de Diablo …

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Nous avons fait nous même les procédures alors que beaucoup passent par un agent. Nous avons trouvé la procédure assez bien documentée sur internet pour que tout ce soit bien passé, sans encombre ou aller-retour de dossier à la française … On a économiser 500$ en le faisant nous même, et comme on a que ça a faire, c’est con de ne pas économiser cette somme car le passage coûte relativement cher en soi.

Peu importe, cela nous a permis de visiter la ville cregnosse de Colon. Cette ville a beaucoup de charme la journée, mais il y a quelques rues où il ne vaut mieux pas se perdre, même le jour. Comme nous avions besoin de quelques pneus pour protéger le voilier durant le passage du canal, j’ai pris un taxi, je lui ai dit que j’avais besoin de 4 pneus, donc on s’est promené en ville dans des rues un peu industrielles et on a ramassé les pneus dans les terrains vagues. Colon a tout de même conservé de beaux vestiges espagnols rapellant que cette ville a de l’histoire que je ne saurais pas vous raconter !

Une fois les procédures administratives effectuées, nous avons dépenser un peu d’argent dans la zone duty free pour acheter du rhum abuelo, du Cognac et d’autres alcool en prévision d’une pénurie d’alcool pour les 6 prochain mois …

J’ai aussi passé une première fois le canal de Panama avec Alain sur le voilier Marie-Morgane pour voir comment ça se passe puis quelques jours après, nous sommes passés avec Arbutus.

Pour le passage, il est nécessaire d’avoir un conducteur (c’était moi) et 4 personnes qui tiennent les amarres aux 4 coins du bateau. Donc, nous avons recruté Palour, notre invité polonais avec qui nous avons passé du temps au San Blas, Alexandra (Venezuala) et Lorenzo (Catalogne), un couple super sympa rencontré en Colombie. Un employé du canal vient aussi à bord pour superviser les manoeuvres dans les écluses et entre les écluses.

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Le passage du canal se passe en 2 jours. Le premier jours tu montes par le biais de 3 écluses jusqu’à un lac où on a passé la nuit, puis le deuxième jour, tu traverses le lac et tu descends vers le Pacifique par 3 autres écluses.
Le premier jour, on a passé les écluses et passé la nuit à couple avec le voilier Maserati de la classe VO2, skippé par l’italien Giovanni Soldini (il est super connu pour avoir reçu la médaille de la légion d’honneur sur décision du président Chirac car il avait secouru un compétiteur français qui avait chaviré durant un course autour du monde. Plus d’info sur Wikipedia).

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L’équipage du voilier Maserati sont venus à bord car ils étaient curieux de voir comment s’était chez nous, puis ils nous ont fait visiter leur machine de course faite tout en carbone.

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Assez impressionnant de voir un intérieur de voilier dépourvu de tout confort pour économiser du poids. C’était vraiement sympa d’avoir eu cette visite inattendu que l’on a bien arrosée tous ensemble avec le rhum Abuelo …
Le lendemain, levé à 5h30 pour faire la deuxième parti. A 16h30, nous étions dans le Pacifique avec une vue sur l’immensité de cet océan que nous allons traverser dans quelques semaines.

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Panama côté Pacifique

Mais avant ça, nous avons prévu de visiter un peu le côté Pacifique de Panama. Juste au large en face de Panama city, il y a Taboga, où le peintre Paul Gauguin a séjourné quelque temps.

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Ensuite, plus loin, il y a la magnifique archipel des Perlas et encore un peu plus loin il y a la région de Darien.

Aux Perlas, nous avons fait des rencontres surprenantes avec des jeunes qui voyagent aussi sur des voiliers. C’est sur la plage d’une île déserte autour d’un feu que nous faisons connaissance. Bien entendu, à ce stade du voyage, tout le monde a du rhum Abuelo, donc ça arrose …

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On ne rencontre pas beaucoup de jeunes de notre age et comme par enchantement, on se retrouve 3 voiliers de jeunes dans un mouillage paumé : Ce soir là, il y avait un Panaméen, des Allemands, des Américains, une Canadienne, et un Français. On rencontre aussi une famille de français parti de Guyane et sur le point de partir en Polynésie. On les reverra plus loins dans notre voyage.

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Après, l’archipelle de Perlas, nous sommes partis dans la région de Darien qui est un estuaire géant ou plusieurs fleuves se déversent.

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L’idée, c’est d’entrer dans cet estuaire et de remonter un fleuve au fil des marées montantes aussi loin que nous pouvons afin de s’enfoncer dans la forêt.

 

Nous avons rencontrer plus de troncs flottant dérivant sur le fleuve que de voiliers.

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Nous avons fini notre périple à la fin d’un bras d’une rivière d’un fleuve de l’estuaire … dans 80 cm d’eau.

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A chaque marée basse, la quille était enfoncée dans la vase. De là, nous avons explorer en dinguy les mangroves à la recherche de crocodile ou autre animal pouvant animer notre curiosité.

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Les mangroves est un labyrinthe immense dans lequel on peut naviguer avec une petite embarcation, mais généralement en pirogue. On peut aussi s’y perdre, mais grâce à des morceaux de tissus ou de plastiques noués dans les branches des mangroves, il est possible de se faire un chemin et surtout d’en revenir, car c’est immenses et non cartographiée. On pourrait s’y perdre.

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Avec notre annexe et notre petit moteur, la seule précaution à ne pas oublier lorsque l’on partait explorer les mangroves, c’est les pagaies, la lampe frontale, un peu d’essence de rabe, quelques petits outils pour une réparation mineure au cas où le moteur tomberait en panne et le plus important : un maillot de bain et une paire de palmes si un crocodile croque dans l’annexe. Je déconne pour le maillot de bain et les palmes …

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Là-bas, les gens vivent dans des maisons sur piloti ou dans la forêt.

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Il y a encore des tribus qui vivent dans cette région avec leur mode de vie ancestral. Nous n’en avons pas rencontré et ce n’était pas non plus le but de notre voyage dans cette région. Les seules personnes rencontrées est un couple de pêcheur qui sont venus à bord boire le café et échanger quelques mots. On les voyait tous les jours passer donc un jours, il est normal d’échanger quelques mots, surtout quand tu vois pas un chat depuis des jours …

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Puis nous sommes repartis lentement vers l’archipelle des Perlas puis vers Panama city : Parfait endroit pour faire les courses en vue de traverser un océan, manger dans un fast food, profiter des plaisirs qu’offrent les grandes villes comme se perdre dans le centre historique, boire un café en terrasse, …

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On aura ramené 3 cadis plein de vivre, remplit les réservoir d’eau, de gasoil et combler les trous avec … des bouteilles d’Abuelo. Ensuite, une fois que tous les points techniques ont été vérifiés, nous sommes partis de Panama city pour nous isoler dans un mouillage, seuls, et attendre que cela soit notre tour …

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